En toi est la source de vie par Ta lumière nous voyons la lumière.

mercredi 13 décembre 2017

Le 17 novembre 2017, les moines de l’abbaye de Scourmont se sont élu un nouveau père abbé dans la personne de 

Dom Damien Debaisieux.

Dom Damien Debaisieux est né à Soissons, en France, en 1971.  Il est entré à Scourmont en 2004 et a été ordonné prêtre en 2014.

Il est bien connu au sein des entités du « Groupe Chimay », puisqu’il participe à un certain nombre de Conseils d’Administration.

Il recevra la bénédiction abbatiale en l’église abbatiale de Scourmont

le dimanche, 17 décembre, à 11h00.




Frère Jean Bosco

Ordination diaconale ce 20 Août dans l'Eglise Abbatiale de Maredsous


Frère Jean-Bosco a franchi un pas dans son cheminement!

C’était dimanche, le 20 août 2017 dans l’Eglise abbatiale de Maredsous que par la grâce du Saint Esprit ma vie a été renouvelée. Monseigneur Fréderic Rubwejanga, évêque émérite du diocèse de Kibungo au Rwanda, m’a conféré l’ordination diaconale au cours de l’eucharistie.
Je rends grâce au Seigneur pour ce don gratuit qui nous invite à imiter le Christ Serviteur.
Je suis né dans une famille chrétienne catholique le 22 novembre 1981 au Rwanda, je suis entré au monastère de Gihindamuyaga en octobre 2006. J’ai prononcé mes premiers vœux monastiques le 21 mars 2009 et j’ai émis ma profession perpétuelle le 21 septembre 2013. J’ai été envoyé au grand séminaire de Kabgayi pour le cursus de philosophie et actuellement je suis au séminaire Notre-Dame de Namur pour la formation de théologie.

« Dieu aime celui qui donne avec joie »

Notre Père Saint Benoît, dans sa règle des moines nous dit : « Dieu aime celui qui donne avec joie » (5, 16). Pour moi, devenir diacre c’est d’être capable de se donner et de servir nos frères et sœurs dans la joie fraternelle. Aujourd’hui, c’est un appel dont notre Eglise a besoin. Que le Seigneur nous donne à tous la grâce de répondre à cet appel de devenir de bons serviteurs comme le Christ.
Bref, l’ordination diaconale est un bon engagement qui nous permet d’aller vers l’autre. Dans notre vie chrétienne, il faut avoir le courage de se donner. Eh bien, nous avons besoin de l’autre pour que nos dons et nos talents puissent grandir et porter du fruit. Soyons heureux de nous donner dans tout ce que nous avons… et nous recevrons en abondance, comme nous le promet la Parole de Dieu : « Car à tout homme qui a on donnera et il aura en surabondance, mais celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera enlevé » (Mt 25, 29). Dans cet appel au service, il suffit de dire oui comme la Sainte Vierge Marie.

« Sois avec nous, Dieu tout-puissant… »

Enfin, ce qui m’a touché dans le rituel, c’est le geste de la prostration : après que toute l’assemblée ait invoqué l’Esprit-Saint, l’ordinant se couche franchement à terre, en même temps que l’assemblée se met debout ou à genoux pour supplier Dieu et tous les saints du paradis d’intercéder et d’agir pour lui. Ces rites préparent les gestes qui vont faire de l’ordinant un ordonné : l’imposition des mains de la part de l’évêque, qui donne le Saint-Esprit, et la prière consécratoire qui, une fois encore, supplie Dieu avec insistance pour qu’il envoie le don de sa grâce : « Sois avec nous, Dieu tout-puissant, nous T’en prions, sois avec nous ».
Cette ordination fut donc une grande joie pour moi : voir qu’à ceux qui se donnent, Dieu n’enlève rien mais enseigne à donner avec joie.


Frère Jean Bosco.


Sr Catherine de Jésus, 
Carmélite de Boussu
Première Profession



Tout est grâce ! (Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus)

Pour le jour de ma première profession, j’ai désiré qu’il soit une journée bien ensoleillée. Mais la veille et l’aube de ce jour-là (l’Assomption de la Vierge Marie), il y avait des nuages, des foudres et puis des pluies. Sans me désespérer, je faisais confiance en Celui qui m’aime. En effet, quelques heures plus tard, le soleil commence à briller. Alors, je Lui rendais grâce. Et j’ai passé une journée très heureuse avec mes sœurs dans la communauté et ma famille. C’est un beau jour pour commencer cette nouvelle étape, et pour approfondir de plus en plus cette vie monastique selon notre charisme.
La météorologie de ce jour-là est semblable à la vie de consacrée. Puisqu’il y a des temps nuageux et des temps sereins, de la pluie et du soleil… Il en est de même dans la vie spirituelle, il y a des jours où je suis dans la paix, la joie et la consolation… mais il y a aussi des jours de sècheresse, de combats et de larmes… Pourtant je compte sur Celui qui me rend forte. J’espère que tout passe et je crois en Celui qui m’aime toujours. Je tâche de faire mon possible pour Lui faire plaisir.
De tout cœur, je vous remercie de vos prières à l’occasion de mes Vœux. S’il vous plaît, continuez à prier pour moi, afin que je sois fidèle jusqu’au bout.
Que le Seigneur vous entoure de sa protection et de son amour.
Que Notre Dame du Mont Carmel vous prenne sous son manteau.
En communion fraternelle.

Sœur Catherine de Jésus, ocd.

Vœux définitifs de Frère Estephan Trappiste d’Orval




Choisir entre le mariage et la vie monastique »
Frère Estephan Nassr (38 ans), ayant la double nationalité libanaise et syrienne, a récemment prononcé ses vœux définitifs. L’histoire d’Abraham – « quitte ton pays, ta famille et ta parenté, et va vers le pays que je te montrerai » (Genèse 12,1) – résonne pour lui d’une façon tout à fait particulière. Tertio y était lorsque le jeune moine a choisi de façon définitive la communauté des trappistes d’Orval.

« Je viens d’une famille grecque catholique de 11 enfants. À la maison nous étions 7 frères et 4 sœurs. Pour la culture arabe dans laquelle j’ai grandi, la famille occupe une place centrale. Se réunir est important : pour boire ensemble le café – ou autre chose si tu n’aimes pas le café – ou simplement pour bavarder. Le dimanche surtout, être ensemble en famille est essentiel. Ces moments communautaires consolident le lien mutuel.

Marqué par la guerre

Ma double nationalité libanaise et syrienne est due à la situation précaire de la région. Ma jeunesse a été marquée par la guerre. Quand j’étais enfant nous avons déménagé du Liban vers la Syrie, mais pour mes études de droit civil nous sommes retournés au Liban. Dans ces pays beaucoup de religions vivaient autrefois côte à côte de façon pacifique. Maintenant, malheureusement, c’est moins le cas. Actuellement je préfère ne plus suivre les nouvelles comme autrefois, parce que cela me fatigue et m’attriste.

Choix difficile

Comme jeune homme, j’ai dû faire un choix : allais-je me marier et fonder une famille ou devenir moine ? À ce moment, je n’avais pas encore trouvé de vraie stabilité dans ma vie, et ce n’était pas clair pour moi. C’était vraiment moitié-moitié. En plus, j’étais bien catholique mais pas vraiment pratiquant. J’aurais tout aussi bien pu me marier et devenir père car j’aime beaucoup les enfants. Lorsque, voici 10 ans, je suis entré dans le monastère trappiste de Saint Sauveur dans la région de Beyrouth, je n’étais pas encore complètement convaincu de ma démarche. Ce qui fit le déclic n’était pas tellement la réponse sentimentale ou intellectuelle, mais bien mon expérience : je me sentais à mon aise dans la vie de moine. C’était là pour moi un signe que Dieu me soutenait de Son Amour.

Chez moi à Orval

Le monastère au Liban connut une période difficile. Au début, l’intention était de rester temporairement à Orval, mais lorsque le monastère de Saint Sauveur fût finalement obligé de quitter l’Ordre des Cisterciens de la Stricte Observance (appellation officielle des Trappistes), la perspective changea. Je me sentais de plus en plus chez moi à Orval. Ce qui m’attire ici depuis le début c’est la beauté du lieu, et l’ouverture de la communauté. Je me sens vraiment apprécié par mes confrères, de qui j’ai appris énormément de choses. Nous vivons à 14 frères de 8 nationalités différentes. Cette diversité est une grande richesse. Apprendre le français, était une raison de venir à Orval. C’est drôle que cela ait pu se faire dans un ordre « silencieux » (rire).

Dispersés

La famille dans laquelle j’ai grandi s’est dispersée dans le monde entier. Pour ma sœur en Australie c’était un peu loin d’arriver jusqu’ici. Trois frères sont venus de Suède. Deux frères qui sont aussi là bas n’ont pas obtenu les bons papiers. Cela faisait 20 ans que je n’avais plus vu mon frère de Suisse. L’une de mes sœurs aînées est handicapée depuis des années. Ma mère est restée près d’elle. Elle n’a donc pas pu venir non plus. C’est la première fois en 20 ans qu’autant de membres de la famille ont pu se réunir, même si ce n’était encore que la moitié de la famille. Que cela ait pu se faire à l’occasion de ma profession solennelle, me conforte dans la conviction que j’ai fait le bon choix. Pour mon père, au début, mon choix de devenir moine était difficile à accepter. Le jour de ma profession, pendant la procession des offrandes, il apporta les offrandes à l’autel avec moi. C’était comme si, en faisant cela, il me donnait moi-même à la communauté d’Orval. Ce moment m’a profondément touché.
Service

Mon nom civil est Dani, mon nom de baptême est Stephan, qui est le nom arabe de « Etienne », le premier diacre. Le service diaconal du lavement des pieds m’est très cher pour ma vie de moine. Je l’ai donc choisi comme évangile pour ma profession. Les autres lectures aussi relèvent d’un choix conscient. L’histoire d’Abraham – la première lecture – est mon histoire. Les paroles que Dieu lui dit, il les dit aussi à moi : « quitte ton pays, ta famille et ta parenté et va vers le pays que je te montrerai ». C’est toute une mission, mais je l’accepte parce que j’ai conscience que c’est Jésus qui me donne la joie. Et la deuxième lecture était de Paul. J’ai longtemps vécu à Damas où j’allais à l’école et j’habitais dans la Rue Droite. C’est la rue où Paul, après sa conversion, a été reçu par Ananias. Avec mes vœux définitifs, le chemin n’est pas terminé. Notre communauté accorde beaucoup d’importance à la formation permanente. C’est pourquoi je vais suivre à la fraternité de Tibériade, à Lavaux-Ste-Anne, la première année de formation théologique.

Paix

Jamais je n’ai fait un choix aussi conscient, jamais je n’ai réfléchi et médité aussi longtemps sur une décision. Finalement cela a duré 10 ans. J’ai choisi une vie de célibat et ne connaîtrai donc jamais la grâce d’avoir des enfants à moi. Cela a été un combat permanent, mais j’ai appris à ouvrir mon cœur aux enfants des autres. Quand je vois mes neveux et nièces, je les aime comme s’ils étaient mes enfants. Telle est aussi la grâce de la vie monastique : l’amour que l’on peut éprouver pour tous les hommes. Finalement c’est cela qui compte. Cette pensée m’a apporté la paix durant les dernières années et me rend simplement heureux. »

Première profession perpétuelle depuis 20 ans

Les vœux perpétuels de frère Estephan Nassr sont un moment particulier non seulement pour lui-même, mais aussi pour toute la communauté des trappistes d’Orval qui est à la fête. « C’est la première fois en 20 ans que nous célébrons une profession solennelle, dit le père-abbé Lode Van Hecke. C’est quand même très spécial, certainement pour les jeunes moines, car ils n’ont encore jamais vécu cela. Mais pour le reste de la communauté aussi, bien sûr, c’est un événement joyeux ». Pendant son homélie le père-abbé montre que la suite du Christ dépasse nos capacités humaines. « Qui pourrait soutenir cela longtemps rien qu’avec ses propres forces ? » Dans la lecture de l’évangile du lavement des pieds Jésus donne lui-même la signification essentielle de la vie monastique : « nous ne devons rien inventer : l’appel et l’exemple viennent de Jésus lui-même. Si lui-même n’était pas le point de départ et le point final, notre générosité ne serait qu’une quête de nous-mêmes. Au lieu d’être moine, nous jouerions au moine. Nous sommes ici pour trouver notre bonheur en Dieu. En lui nous cherchons – et nous trouvons – le visage de Jésus. Nous sommes moines pour devenir ‘participants de Lui’. Les trois figures des lectures choisies – Abraham, Paul et Jésus – t’accompagneront toujours et te rendront libre pour aimer », dit l’abbé à frère Estephan. « Libre pour donner, libre pour par-donner (ce qui veut dire : donner à l’extrême). C’est à cette liberté que tu es aujourd’hui appelé. »

Fr Estefan Orval